Département patrimonial : Les collections

Les manuscrits

La majorité des manuscrits médiévaux de la Bibliothèque provient de l’abbaye bénédictine de Saint-Bertin (fondée en 649) qui abrita un scriptorium actif pendant la quasi-totalité du Moyen-Age.
La bibliothèque de l’abbaye, qui nous est connue par un catalogue alphabétique, comptait vers l’an mil 305 volumes, ce qui en faisait l’une des plus importantes collections monastiques de l’Europe occidentale.
Si le scriptorium de Saint-Bertin joua un rôle majeur dans l’art de la miniature romane au XIe siècle, c’est au Chapitre de Saint-Omer que l’on doit la commande de l’une des plus belles œuvres de cette période, la Vie de Saint-Omer (Ms 698).

Le XIIe siècle audomarois fut marqué par la fondation (en 1140/1142) de l’abbaye cistercienne de Clairmarais. La Bibliothèque possède 130 volumes issus de cet établissement, soit le fonds le plus important subsistant des bibliothèques cisterciennes du Nord de la France.

De l’époque gothique, outre la production de Clairmarais, la Bibliothèque de Saint-Omer conserve de belles bibles historiées et des psautiers. Mais les réalisations de l’époque traduisent la perte d’une originalité et l’intégration à un ensemble culturel plus vaste, désormais dominé par Paris. Placée à l’écart du mouvement de l’Université, repliée sur elle-même, l’abbaye de Saint-Bertin commença alors son déclin spirituel.

 

Les incunables

Le fonds d’incunables (238 ouvrages) constitue un remarquable échantillon des productions des premiers maîtres du livre, 106 imprimeurs-éditeurs différents étant représentés. L’examen des lieux d’impression fait apparaître une très nette prépondérance du monde germanophone, des Pays-Bas et de l’Italie du Nord.
Parmi les incunables les plus rares, citons bien sûr en premier lieu un tome de la célèbre Bible à 42 lignes de Gutenberg et trois impressions de P. Schoeffer à Mayence. Si les livres produits en France se révèlent peu nombreux, ils sont en revanche de grande qualité ; on relève en effet quelques-unes des meilleurs réalisations illustrées des ateliers parisiens et lyonnais : un Roman de la Rose dû à J. Siber (Lyon, vers 1485), Le Livre des Prouffitz de P. de Crescens (J. Bonhomme, Paris, 1486), La Mer des Histoires (atelier de P. Le Rouge, vers 1488-1489).

 

Les imprimés rares

Les 15 000 ouvrages imprimés antérieurs à 1811 conservés à Saint-Omer permettent de suivre toutes les étapes de l’histoire du livre. La Bibliothèque possède de nombreuses éditions des grands imprimeurs-humanistes de la Renaissance : Robert Estienne, Etienne Dolet, Alde Manuce, Christophe Plantin.

Parmi les ouvrages du XVIIe siècle, on trouve de très belles éditions françaises et hollandaises, en particulier des atlas.
Le XVIIe siècle fut celui de l’introduction, tardive, de l’imprimerie à Saint-Omer, avec l’installation, en 1601, de François Bellet, formé chez Plantin à Anvers.

Le plus célèbre des imprimeurs audomarois fut actif dans la première moitié du XVIIIe siècle. Il s’agit de Martin-Dominique Fertel dont la notoriété tient à l’édition, en 1723, de la Science pratique de l’Imprimerie, premier manuel de typographie en langue française, qui connut une diffusion nationale.
Les livres du XVIIIe siècle traduisent l’éveil scientifique de l’époque des Lumières. A côté de traités d’agronomie et de nombreux ouvrages de Buffon ou de Réaumur, la Bibliothèque possède une édition complète – superbement reliée aux armes de la Ville – de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert.

Au XIXe siècle, les bibliothécaires, aidés par les donations et les souscriptions ministérielles, menèrent une politique d’acquisition cohérente qui ne laissa échapper aucun des grands monuments de l’édition française : Description de l’Egypte, Grand dictionnaire universel de P. Larousse, romans de Jules Verne chez Hetzel, etc…

Enfin, en 1926, la Bibliothèque de Saint-Omer a reçu en donation les collections de livres et les papiers du Baron du Teil, bibliophile et érudit, tué au cours de la Grande Guerre.

La Bibliothèque de Saint-Omer abrite également un fonds consacré à l’espéranto, constitué au début du XXe siècle par l’un de ses bibliothécaires, Ernest Deligny, espérantiste.


Les archives et collections régionales

La Bibliothèque de Saint-Omer possède un fonds d’archives civiles et ecclésiastiques de premier ordre.

Les archives communales du Moyen-Age et de l’Ancien Régime, recensées vers 1765, ont été alors entreposées dans des armoires à tiroirs en chêne qui sont parvenues jusqu’à nous.

On relève parmi les grandes séries : des recueils de diplômes, chartes et actes depuis le XIIe siècle ; les registres aux délibérations de l’échevinage de Saint-Omer de 1448 à 1789 ; la Correspondance du Magistrat ; les Comptes de l’Argentier à partir de 1416. La Bibliothèque détient en outre une partie des archives de l’Evêché, dont l’inventaire a été dressé par le paléographe Giry, et une masse impressionnante de 350 000 minutes du Gros des Notaires (XVIe-XVIIIe siècles), en dépôt par convention avec les Archives de France.

Par ailleurs, plus de 700 cartes et plans concernant pour la plupart les ‘Pays-Bas’ au sens large, forment un ensemble documentaire très précieux.

Enfin, le fonds local stricto sensu conserve environ 9 000 volumes des XVIIIe et XXe siècle ayant trait à l’histoire de l’Artois et de la Flandre ; il s’est progressivement enrichi de nombreux dossiers et notes déposés par les historiens régionaux.